Maxime Real del Sarte dans son atelier face au groupe monumental de Jeanne d’Arc protégeant la France

Maxime Real del Sarte dans son atelier face au groupe monumental de Jeanne d’Arc protégeant la France, anonyme, 1925, photographie noir et blanc, Paris, Roger Viollet, © Roger Viollet, Adagp, Paris 2003. 

(Louis)-Maxime Real del Sarte (1888-1954) est l'auteur d'une œuvre monumentale abondante et mal aimée en raison de l'idéologie monarchiste qui l'accompagne.

Quand le sculpteur pose, aux lendemains de la guerre, en blouse de travail dans son atelier, il est devenu célèbre pour ses monuments aux morts et ses statues de Jeanne d'Arc. En la représentant ici en majestueuse Vierge de Miséricorde, protégeant de son manteau un mutilé de guerre et une veuve éplorée serrant son nourrisson, l'artiste établit une habile distorsion (en taille et en costume) entre les trois figures du monument.

La sainte patriote, énorme et disproportionnée (buste cuirassé et plat, longue et lourde jupe, tête réduite tournée vers le ciel) contraste avec la fine silhouette elle aussi intemporelle, de la femme perdue dans son voile, tandis que le soldat a des traits plus personnalisés. En capote et jambières, il semble quêter réconfort et espoir auprès d'une impassible Protectrice. Les drapés encore vaguement médiévaux, le ceinturon et l'épée, les cheveux courts, renvoient à une iconographie traditionnelle de Jeanne mais l'épuration des formes renvoie à un idéal du Beau typiquement Art Déco.

Statues de Real del Sarte

Premier président et cofondateur en 1908 du groupe de combat, les Camelots du Roi, chargés de vendre le journal de Charles Maurras, L'Action française, Real del Sarte se rendit d'abord célèbre pour avoir interrompu violemment les cours en Sorbonne de François Thalamas sur la Pucelle.

Maxime Real del Sarte a produit plusieurs statues en pied de Jeanne. Toutes très marquées par les attributs traditionnels de la sainteté au féminin (visages idéalisés tournés vers le ciel, drapés enveloppants, formes verticales et désexualisées), elles n'en sont pas moins caractéristiques d'une esthétique inspirée de l'Antiquité classique commune à de nombreux sculpteurs de l'entre-deux-guerres qu'ils soient italiens, allemands, soviétiques ou français.