Lettre du capitaine E. Pasanis ( ?) à Marie Bonnevial, E. Pasanis ( ?), 1870, papier et encre, 27,5 x 21 (cm), Angers, CAF, © CAF.

Cette lettre du capitaine de Brigade E. Pasanis ( ?) à Marie Bonnevial, hors de son contexte, peut sembler bien mystérieuse et étonnante : pourquoi une militante républicaine dans l'âme est-elle en contact avec des militaires ? Quelle est cette « citoyenne » ?

J’ai l’honneur de vous adresser la réponse du Colonel Binistti à votre lettre, qui lui offrait la citoyenne. C’est une charmante réponse, que je vous conseille même de faire publier par les journaux. On vous avait adressé une réponse par la poste, mais sans adresse je l’ai fait refaire, et je la confie à un de mes hommes, afin qu’elle vous parvienne avec toute sûreté.
En attendant veuillez, je vous prie, surveiller à l’achèvement de la citoyenne, que nous attendons les bras ouverts.
Bien des choses à toutes nos dames, à votre famille, et je vous prie de bien vouloir agréer les sentiments de ma parfaite considération

E. Pasanis ( ?)
Commandant la Batterie
des mitrailleuses – 4e Brigade
Armée des Vosges

Marie Bonnevial est une ardente partisane de Giuseppe Garibaldi (1807-1882), l'un des artisans de l'unité italienne, farouche adversaire du Pape et du pouvoir de l'Eglise. Il sert la France comme soldat en 1870-1871, et des mouvements de solidarité divers le remercient de ses engagements passés… et actuels.

Marie Bonnevial anime un comité de soutien, récoltant de l'argent pour lui offrir une médaille. Les dons affluent; Marie Bonnevial gère la collecte. Dans cette lettre, on notera la chaleur du ton, les multiples précautions, les conseils tactiques (faire publier la réponse dans les journaux !) et l'affection du ton ("nos dames").

Garibaldi en chemise rouge dans « Les hommes du jour » (n°24)

Garibaldi en chemise rouge dans « Les hommes du jour » (n°24), André Gill, février 1879, papier imprimé, 29,5 x 20 cm, Montreuil, Musée d'histoire vivante, © mhv/2004.

Garibaldi

Garibaldi naît à Nice (Italie) en 1807. Il doit s’exiler hors d’Italie entre 1836 et 1846. Voyageant beaucoup (Brésil, Uruguay…), il forme les « chemises rouges », des volontaires italiens, et se soumet en 1848 au roi d’Italie Charles Albert.

Plus patriote que républicain, il défend cependant la « république romaine » contre la France. Contraint à l’exil, il part à New York puis se retire sur l’île de Caprera. Voulant malgré tout faire de Rome la capitale de l’Italie, Garibaldi est stoppé à la bataille d’Aspromonte (1862). En 1867, il tente à nouveau de s’emparer de Rome mais en 1870, il participe aux côtés de la France à la guerre contre la Prusse.

En 1871, il suit le gouvernement de défense nationale et se bat en Bourgogne avec les « chemises rouges ». Il est élu député pour Paris, Nice et Alger mais sera invalidé car étranger. Un hommage multiforme lui est rendu en France et on lui propose le commandement en chef de la Garde Nationale. Il préfère se retirer sur son île et rédige ses mémoires. Il meurt le 2 juin 1882 à Caprera et ses Mémoires seront publiés en 1888.