Portrait de Marie Bonnevial en franc-maçonne

Portrait de Marie Bonnevial en franc-maçonne, anonyme, date inconnue, photographie noir et blanc.

Marie Bonnevial est admise, initiée, en franc-maçonnerie en 1893, dans une loge puis une obédience mixte, qui deviendra le Droit Humain. Elle exerce rapidement des responsabilités. On peut s'interroger sur les motivations qui poussent une femme aussi active à rechercher un lieu discret, avec des rituels, des références symboliques.

Si l'on met de côté l'ambition personnelle (peu probable), on peut voir dans cette démarche une volonté de réflexion avec des personnes progressistes aux sensibilités très différentes, unies par un idéal d'humanisme et d'amélioration de l'Homme et de la société. Le parti pris de mixité est très audacieux à l'époque et traduit la volonté d'une démarche coopérative entre hommes et femmes. Laboratoire d'idées, carrefour d'idées républicaines, élément stratégique dans la mise en place de la loi de 1905, la maçonnerie joue au tournant du siècle un rôle socio-politique incontestable.

Invitation à une conférence, 4e Loge du Droit Humain « Marie Bonnevial »

Invitation à une conférence, 4e Loge du Droit Humain « Marie Bonnevial », anonyme, 1930, papier imprimé, 11,5 x 14 (cm), Paris, Bibliothèque Marguerite Durand, © BMD.

L’influence de Marie Bonnevial sur la maçonnerie

Le nombre des associations dont fait partie Marie Bonnevial, la désigne comme une personnalité incontournable des sphères militantes, et en 1916-1917 elle deviendra « responsable » de son obédience. Cette position, en période de guerre, la place à un poste « exposé ».

Une loge prendra son nom qui reste une référence dans l’histoire de la franc-maçonnerie mixte. Le souvenir de Marie Bonnevial est relativement entretenu dans les milieux maçonniques.

Elle est considérée comme une pionnière de la mixité, une éducatrice hors pair, une bâtisseuse de la première heure qui en des circonstances difficiles (la guerre !) a su préserver une organisation encore fragile. Son sens démocratique, son indépendance, son franc-parler sur le fonctionnement interne de l’organisation gagnent encore à être connus au vu des archives rentrées de Moscou, ou de ce qui en reste.