L’équipe des Dick Kerr Ladies

L’équipe des Dick Kerr Ladies, anonyme, 1920, photographie noir et blanc, collection Femina Sport, © Femina Sport. 

À l'instar des grandes équipes professionnelles masculines du championnat anglais, les footballeuses des Dick Kerr Ladies posaient officiellement, encadrées par les principaux responsables de l'usine. Par leur présence, les dirigeants entendaient montrer leur attachement à leur équipe féminine dont ils attendaient des répercussions en terme d'image.Devenu un spectacle populaire, puisque les rencontres se disputaient devant plusieurs milliers de personnes, le football féminin se trouva rapidement lié aux mécanismes du support publicitaire.

L'entreprise Dick, Kerr & Co. attirait les meilleures joueuses en leur offrant un emploi et faisait même construire un stade, le Ashton Park. Les dirigeants encourageaient aussi la multiplication des matchs : en 1921, l'équipe disputait 67 matchs dans tout le Royaume-Uni (de janvier à mai puis d'août à octobre) soit une moyenne de deux matchs par semaine. A partir de 1922, elle effectua des tournées de plusieurs mois à l'étranger.

Cet intérêt pour le football féminin ne se manifesta pas seulement dans les usines d'Albion : le mécénat sportif se développa aussi en France et en Belgique.

La première équipe de football de Femina-Sport

La première équipe de football de Femina-Sport, anonyme, 1918, photographie noir et blanc, collection Femina Sport, © Femina Sport.

L’équipe de Femina Sport ‘relookée’

L’ équipe de Femina Sport ‘relookée’, anonyme, 1920, photographie noir et blanc, collection Femina Sport, © Femina Sport.

Le mécénat sportif en France et en Belgique

Les équipements des joueuses de Femina Sport en 1920 contrastent avec ceux qui sont observés sur la photographie de la première équipe Femina Sport en 1918. Cela est dû en partie à la générosité de Julien Bessonneau, l’industriel angevin, qui finança en 1918, non seulement les tenues des jeunes sportives, mais aussi le stade de Femina Sport, porte d’Orléans à Paris. Le déclin des filatures angevines à partir des années 1920 priva le club de la capitale d’un soutien financier important.

En France comme en Belgique, quelques entreprises investissaient dans le football féminin. Les équipes prenaient le titre de la raison sociale de leur maison. La pratique était surtout l’affaire des jeunes employées de l’industrie et du commerce.

En Belgique, la direction des grands magasins L’Innovation finança une union sportive pour ses employées à partir de 1923.

En France, les dactylographes de Dunlop bénéficiaient des mêmes structures. Mais l’établissement le plus dynamique fut incontestablement la banque Société Générale qui compta, au sein de son club athlétique, jusqu’à trois sections, à Lille, Paris et Marseille.